Île de Ré : le sport s’est-il “a-rétais” ?

03 mars 2021 à 09h30

Saison blanche, stand-by, flou, les associations sportives rétaises n’ont pas été graciées par les conditions sanitaires. Si quelques clubs ont pu continuer de pratiquer leurs activités, pour d’autres, c’est de patience dont ils doivent faire preuve en attendant des jours meilleurs.

Àl’arrêt depuis fin octobre, le St Clément Basket 17 a préféré tout stopper. “Au niveau du championnat, ça semble compliqué, on part sûrement sur une saison blanche”,témoigne Benoît Pinaud, président du club. Fraîchement promu en Régionale 2 cette saison, le SCB 17 restait sur une très belle dynamique mais a été coupé en plein élan. “On était dans les premiers et on avait perdu qu’un match. On ne pouvait donc pas se permettre de reprendre qu’à moitié. En compétition, il y a une partie cardio et remise en forme.

Malgré tout, Benoît Pinaud se projette déjà sur juillet. Le président du club souhaite mettre en place un camp de basket en partenariat avec le Stade Rochelais Rupella.

"On reste dans le flou total"

Même son de cloche du côté de l’AS Réthaise (football). Yann Thomas, entraîneur des séniors (Régional 2) constate les retombées de la pandémie. “On a seulement dix joueurs actifs sur la quarantaine de licenciés, car forcément les conditions actuelles les démobilisent...”. Au-delà de l’absence accrue de joueurs, c’est surtout le manque de clarté qui agace l’entraîneur : On reste dans le flou total. Pour se tourner vers l’avenir c’est compliqué, que ce soit pour le recrutement ou pour les U17... Le problème, c’est que la Ligue prenne son temps. Nous ne sommes pas pris en compte et au bout d’un moment on aimerait qu’on nous dise si cette année est blanche ou pas”.

Du côté de la Fédération Française de Football, la vision sur l'avenir reste obscurcie. Son président Noël Le Graët a donné fin mars comme date butoire pour la reprise des compétitions, dans une interview donnée à NA Radio.

Le beach-volley garde le cap

D’autres, comme le Ré Beach Club ont su tirer leur épingle du jeu. Loïc de Kergret, coach au sein de la structure et ancien volleyeur de l’équipe de France s'estime chanceux de pouvoir continuer la pratique du beach-volley. “On a eu énormément de chance. Grâce à nos sportifs de haut niveau, on a pu continuer sans soucis. On est sur un sport de plein air, donc on a moins de contraintes que les sports de salles”, s’enthousiasme l'ancien international.

Compétitions annulées et JO incertains, Loïc nourrit tout de même quelques regrets. “Ça reste très flou. Soit les étapes ne sont pas encore annoncées, soit complètement annulées, ça a été le cas pour la Chine et le Brésil. Seule Doha, au Qatar, a été maintenue pour le moment. On se prépare donc sans vraiment savoir”.

De nouvelles alternatives

Dans l’impossibilité de faire du sport en club, c’est donc sans étonnement que certains rétais ont décidé de chercher une alternative pour leur pratique. À 24 ans, Romain Charuau a créé Sport Ré Santé, un programme d’Activité Physique Adaptée (APA) sur demande. Le coach sportif a débuté sa première séance il y a deux semaines et de nombreux rétais ont répondu présent. L’idée est de faire des activités au poids de corps, sans matériel. Chaque semaine, j’ai 10 à 20 personnes supplémentaires qui rejoignent les créneaux. C’est devenu une vraie nécessité pour beaucoup de personnes qui ont besoin de se retrouver, d’être en extérieur, de respirer, d’occuper de l'espace”, ​remarque Romain.

Saison blanche ou confinement, ce n’est pas demain que le sport sur l’île va “s’a-rétais”.

Alexis DÉSIRÉ (Crédit photo - Archives NA Radio)

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