Covid-19 : l’Agglo rochelaise aux commandes

01 avril 2021 à 21h03

Gestion locale de la crise, vaccination, commerces, fermeture des lieux de cultures. Voici ce que vos élus de l’agglomération rochelaise ont pu dire au conseil communautaire du jeudi 1er avril.

Au lendemain de l'annonce de nouvelles restrictions sanitaires par le président Emmanuel Macron, c’est un conseil d’agglomération qui démarre sur les chapeaux de roues à la Rochelle. « Il faut tenir trois mois. Trois mois où on va avoir du mal à dire non à la population… Trois mois où il fait beau… Trois mois où on va devoir empêcher les apéritifs sur l’espace public… » s’exaspère Jean-François Fountaine maire de La Rochelle et président de l’agglomération.

« Il faut miser sur la communication »

Cette inquiétude des pouvoirs publics s’explique par des rassemblements récents sur le vieux port de La Rochelle. Rochelais et vacanciers venaient profiter du soleil. Ce phénomène obligeait l'agglo et ses mairies à réaffirmer les interdictions et à des contrôles plus poussés sur le littoral. Mais cette fois, c’est différent explique le président Fountaine : « Il va falloir tenir. Rien ne va être simple, je me mets à la place des commerçants qui ont entendu la décision du président. ». 

Mais comment faire tenir une population déjà lasse après plusieurs mois de couvre-feu ? Les élus misent sur la pédagogie. Concrètement, ce week-end et la semaine prochaine l’agglomération organisera une phase d’information et de pédagogie en accord avec la préfecture. Passé ce délai, une répression sera mis en place pour faire respecter les gestes barrières. « Les prochains mois seront difficiles » assurent les élus. Pourtant, le département de la Charente-Maritime est l’un des plus épargné par le virus.

Département épargné & Vaccination accélérée

Marc Maigné, maire de Nieul-sur-Mer en charge du dossier se veut rassurant. À l’appui, il brandit les taux d’incidences  : « Dans notre département, il est de 145 pour 100 000 habitants. Au niveau national, il est de 378 sur 100 000. La carte de France devient de plus en plus foncée. Nous, on est un des derniers départements en bleu clair ! » La Charente-Maritime est relativement épargnée par l’épidémie. Ce qui inquiète le conseil d’agglomération, c’est la tension hospitalière et la place quasi-omnipotente du variant britannique. Aujourd’hui, trente patients sont hospitalisés au centre hospitalier de La Rochelle-Ré Aunis dont neuf en réanimations. Et 80 % des cas de Covid-19 détectés proviennent du variant britannique.

Pour répondre à cette problématique Jean François Fountaine et son équipe sont catégoriques : « Le front de la vaccination, c’est notre espoir collectif ». Les trois centres de vaccination mis en place à Châtelaillon-Plage, à Encan et à Nieul-sur-Mer tournent à plein régime dans la mesure du possible. Au total, ce sont 14 800 vaccinations qui ont été réalisées sur l’agglomération dont 5 000 deuxième doses. Si les infrastructures et le personnels pour vaccinés ne manquent pas. Ce sont les doses qui font défaut. Marc Maigné promet à ce titre une accélération de la vaccination dans les prochains jours. Mais combien de temps avant un retour à la « normale » ? Combien de temps reste-t-il avant que les bars, restaurants, boites de nuits, associations sous perfusion gouvernementale ne cessent de survivre ? C’est cette question qui a mobilisé les élus rochelais en fin de point sur le Covid-19.

La culture de la discorde

À l’image du conseil municipal de mardi dernier, l’ancien candidat à la maire de La Rochelle et actuel élu d’opposition « ensemble osons l’écologie » Jean-Marc Soubeste a eu un échange houleux avec Jean-François Fountaine. En cause, la fermeture des lieux de culture et la réforme de l’assurance-chômage qui risque de toucher beaucoup de professionnels de ce secteur.

Jean-François Fountaine rappelle : « On va vivre 3 mois difficiles avec des jeunes dehors qui vont avoir envie de se retrouver, des gens qui veulent profiter du beau temps dans les jardins et les parcs. On va dire à toutes les associations de ne pas se retrouver. Il faut qu’on tienne tous ensemble, pour que notre territoire soit parmi les premiers à sortir de la crise. Ce n’est pas une course, mais on le doit aux étudiants, aux familles, et à tous ceux en difficultés. Il faut tout donner. J’ai été critiqué pour la fermeture des lieux culturels. Je ne suis pas un ennemi de la culture. Je suis du côté de la vaccination ! Ceux qui sont pour la culture, c’est ceux qui vaccinent au plus vite pour en terminer avec ce virus. »

Un plaidoyer qui interpelle Jean-Marc Soubeste engagé pour soutenir l’occupation de la Coursive : « Je vais vous répondre Monsieur le président parce que je me sens visé. La priorité évidemment, c’est la vaccination et la santé. Je suis enseignant en première ligne et je vois jour après jour les classes se clairsemer. Les enseignants restent chez eux. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est qu’il y a des lieux qui ont besoin de personnes qui les animent et il faut des personnes pour les soutenir. Ils sont abandonnés par la reforme de l’assurance-chômage. Si on ne fait rien, il n’y aura pas de réouverture des salles parce que d'ici là, elles n’auront plus la capacité à réouvrir. »


Vincent Larregain

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