Depuis des mois, Association Hermione – La Fayette navigue à vue dans une tempête financière qui menace directement l’avenir du navire. Face à cette situation critique, une constante s’impose : les responsables politiques n’ont jamais voulu se mouiller.
Un immobilisme politique savamment calculé
Communes, intercommunalité, département, région, État : tous affirment leur attachement à L’Hermione. Mais aucun engagement clair, chiffré et assumé n’a été annoncé.
Ce silence n’est pas anodin. Il s’inscrit dans un calendrier précis :
• Élections municipales 2026
• 1er tour : 15 mars 2026
• 2e tour : 22 mars 2026
À l’approche de ces échéances, le réflexe est connu : ne pas prendre de décision clivante, éviter toute annonce susceptible d’alimenter la polémique ou d’exposer l’usage de fonds publics.
Une décision judiciaire opportunément positionnée
Dans ce contexte, le tribunal a accordé à l’association une prolongation de la période d’observation de deux mois. Officiellement, il s’agit de permettre l’émergence de solutions de reprise crédibles.
Mais là encore, le calendrier interroge :
la prochaine décision du tribunal est attendue le 25 mars 2026, soit trois jours après le second tour des municipales.
Difficile d’y voir une simple coïncidence. La justice offre du temps. La politique en profite pour attendre. Et la responsabilité collective se dilue.
Des projets annoncés… sans financement
Pendant cette période dite « d’essai », l’association annonce deux projets de reprise, mais sans financements sécurisés à ce stade.
Autrement dit : des intentions, des pistes, mais aucune garantie solide. Pourtant, ces annonces suffisent à justifier un sursis judiciaire.
Après les élections, l’addition pour les contribuables ?
La question devient centrale :
• Pourquoi aucune annonce avant le 15 ou le 22 mars ?
• Pourquoi repousser la décision judiciaire clé au 25 mars ?
Le risque est clair : attendre que les urnes soient refermées pour sortir le carnet de chèques public, dans l’urgence, sous la pression symbolique et émotionnelle.
Ce serait alors un scénario bien rodé :
1. silence politique avant les élections,
2. prolongation judiciaire pour gagner du temps,
3. projets non financés brandis comme espoir,
4. puis, une fois le vote passé, mobilisation massive d’argent public sans véritable débat démocratique.
Un “coup parfait” politiquement confortable
Ce schéma permet à chacun de se protéger :
• pas de décision avant le scrutin,
• pas de responsabilité politique immédiate,
• et, après coup, l’argument imparable du « il fallait sauver L’Hermione ».
Mais ce confort politique a un prix : la confiance des citoyens et la transparence dans l’utilisation de l’argent public.
Sauver L’Hermione, oui — mais avec courage et clarté
L’Hermione mérite mieux qu’un sauvetage repoussé à des calculs électoraux.
Si un soutien public est nécessaire, il doit être assumé avant les élections, débattu publiquement et adossé à un projet financé et crédible.
À défaut, le doute persistera :
a-t-on sciemment laissé filer le temps pour mieux faire passer la facture après le vote ?
Et ce doute, aujourd’hui, pèse presque aussi lourd que la dette elle-même.
Crédit photo : site de L’Hermione

