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La Rochelle

Municipales: Desveaux va au clash ! Les écolos vacillent...

Master MASTER | Publié le : 17/06/2020 à 13:06

"Une stratégie illusoire", "Les deux F : un slogan inacceptable et malhonnête"... la vice-présidente de l'agglo qui se dit fier du bilan des écolos sur ses six dernières années de mandat n'appelle pas à voter pour le sortant JFF mais...



Des désaccords en interne chez les verts. Après le choix de la non-fusion entre les listes "Ensemble, osons l'écologie" et "Tous Rochelais", Brigitte Desveaux, a tenu à dénoncer ce choix de son propre camp. Une décision actée au bout de trois jours de négociations, après avoir réuni les 77 membres du collectif. Pour Brigitte Desveaux, la pillule ne passe pas. Elle dénonce des conditions de ce vote qui "ont été plus que contestables et contestées".



"Le projet de protocole issu des négociations contenait à mon sens (et d’autres que moi partagent ce point de vue) les moyens d’agir pour la cause écologique et donnaient à une douzaine d’entre nous des responsabilités indéniables, dans nos domaines de prédilection (mobilités, biodiversité, eau, démocratie locale, déchets, énergies, plan alimentaire local dont la stratégie foncière...) mais aussi intégrait notre demande d’accéder aux responsabilités sur des thèmes plus sociaux ou économiques (Economie sociale et solidaire, Éducation, Jeunesse, CCAS ...). Douze élus au lieu de 5 pour défendre la cause et les valeurs de l’écologie, au sein d’une majorité que nous connaissions, ce n’est pas, pour moi, négligeable."



Par cette stratégie politique qu'elle ne comprend pas, elle estime que la voie est désormais ouverte à une élection d'Olivier Falorni qui a vu récemment Bruno Léal. "Un coup d’arrêt aux avancées écologiques récentes" selon elle. 



Avec cette décision, un transfert de voix pourrait bien avoir lieu de Soubeste à Fountaine et resserrer encore plus un score final d'une bataille qui s'annonce palpitante



EXCLU VIDEO





Le communiqué complet à retrouver ici : 



"Les récentes péripéties de la campagne municipale Rochelaise m’ont laissée sans voix. Or, mon silence interroge. C’est pourquoi j’ai décidé de m’exprimer après de longs jours de réflexion et d’échange avec des Rochelais, des amis, des militants, ma famille, et bien sûr, après avoir communiqué mon analyse, partagée par d’autres membres du collectif, à Jean Marc Soubeste, et au collectif Osons l’Ecologie à La Rochelle. Car, non, les membres du collectif (et parmi eux, des adhérents d’EELV) ne sont pas tous soudés autour de la campagne de second tour d’Osons l’Ecologie. Certains, comme moi, se sont mis en réserve, tout en figurant, car c’est la loi qui l’impose, sur la liste menée par Jean Marc Soubeste au second tour.



Les deux F : un slogan inacceptable



Je ne fais pas miens les mots d’ordre et slogans qui voudraient laisser croire que Jean François Fountaine ou Olivier Falorni, c’est pareil. Ainsi, je refuse l’agressivité déployée dans ce second tour, à l’égard de ceux qui étaient nos alliés jusqu’à hier, car ce serait renier tout le travail accompli au sein de la majorité conduite par Jean François Fountaine, durant 6 ans. Car ce serait oublier un peu vite que les élus proches d’Olivier Falorni, et présents aujourd’hui sur sa liste, n’ont eu de cesse de s’opposer systématiquement aux propositions des élus écologistes. Ce serait oublier aussi, que le soutien du Maire n’a jamais manqué y compris lorsque nos actions étaient contestées...ou lorsque nous aurions pu être en difficulté.



Un bilan dont nous pouvons être fiers



Pour illustrer mon propos, arrêtons-nous nous un instant sur le bilan des 5 élus écologistes, depuis 2014. J’estime d’abord que ce bilan n’est pas pour rien dans le score d’EELV à La Rochelle, aux européennes (+5% par rapport à la moyenne nationale), et au 1er tour des municipales (16,7% en 2020, au lieu de 6% en 2014). En mai 2019 et mars 2020, nous avions tous estimé que notre action au sein de la municipalité présidée par Jean François Fountaine, était approuvée, et nous encourageait à continuer dans cette voie. 6 années durant lesquelles nous avons porté la cause écologique, avec une réelle autonomie et une grande marge de manœuvre, y compris à la CDA où siègent 27 maires non rochelais ! 6 années pour mettre en œuvre notre accord programmatique passé avec l’équipe de Jean François Fountaine. Cet accord a été réalisé, voire dépassé, tout le monde en a convenu, lors de la publication de notre bilan à mi mandat.



Qui pourrait nier la véritable accélération de la politique cyclable, et des mobilités alternatives à la voiture, avec des km nouveaux de pistes, de nouveaux services de mobilité sur toute la CDA, un réseau de bus restructuré, la fin du diesel...? La Rochelle, redevenue 1ère Ville cyclable ! Qui pourrait nier le pouvoir d’achat rendu aux Rochelais avec notre proposition de réduction de l’abonnement de l’eau ? De tarification sociale des transports ? D’encadrement des loyers ? De taxe sur les résidences secondaires pour encourager le retour de ces logements dans le parc locatif ? La prime à l’achat d’un vélo électrique dont le succès dépasse toutes les prévisions ? De l’écologie sociale et populaire ici, à La Rochelle ! Qui pourrait nier l’effort de consultation, de concertation avec les balades urbaines, l’autonomie rendue aux comités de quartiers, les réunions avec tirage au sort de 300 personnes pour le projet Gare, ou la navette autonome, ou encore les ateliers urbains pour les aménagements de quartiers ? Des techniques de concertation identiques à ce qui se pratique dans la convention citoyenne nationale ! Qui pourrait nier les bienfaits des Assises de la Culture, ouvertes dès le début du mandat, l’essor de la culture pour tous avec les Arts de la rue, la Belle du Gabut ou les parcours artistiques dans les écoles ? Ou encore la Maison des Écritures…?



Qui pourrait nier notre Motion votée en conseil municipal contre les « Bassines » dans l’Aunis, au titre de la préservation de la qualité et des ressources en eau potable. Ou encore l’arrête anti pesticides, qui nous a valu quelques commentaires acides de certains maires de la CDA ? Qui pourrait critiquer nos protections post Xynthia, alliant paysage et protection ? Qui pourrait renier la reconquête de nos marais ? L’achat d’électricité verte, le label Citergie, l’extinction de l’éclairage public la nuit qui préserve la biodiversité et nos finances ? Et 6 ans de travail sur l’urbanisme : nous avons subi durant 6 ans un Plan d’urbanisme inadapté.



Mangin ou Beauregard ce n’est pas de notre fait. Les bus dans le parc de la Gare, c’était décidé avant nous. Nous avons annulé cette décision. Le PLUI aujourd’hui approuvé, après 6 ans d’études, est en vigueur depuis 6 mois seulement. Il prend en compte la biodiversité, les densités adaptées aux formes urbaines, aux spécificités des cœurs de quartier, les économies d’énergie, la préservation des sols et privilégie l’urbanisation là où une solution alternative à la voiture existe. Enfin, le projet « Zero carbone » nous mobilise depuis des mois, avec les énergies les plus créatives de nos services, et de nombreux acteurs du territoire... Toutes ces délibérations ont été votées par notre majorité. Seuls les élus du groupe de M. Leal et progressivement les proches d’Olivier Falorni, se sont opposés de plus en plus bruyamment à ces décisions. Jusqu’à s’abstenir sur la gratuité des bus le samedi. Par pure opposition aux idées des écologistes. Et faut il oublier notre mobilisation sans faille et sur le terrain, durant la crise du Covid, aux côtés de nos équipes qui se sont montrées exemplaires, pour assurer les services indispensables aux Rochelais, aux équipes soignantes, et plus particulièrement, préserver les plus fragiles (Ecole pour les enfants des soignants et personnels prioritaires, transports, secours aux familles, aux personnes vulnérables, prévention dans les Epahd, réouverture des crèches, des écoles...).



Une stratégie de second tour illusoire



Je terminerai mon analyse sur la stratégie du second tour. Une large majorité des membres du collectif écologiste a décidé d’entrer en négociation avec Jean François Fountaine, pour une éventuelle union de second tour. Après 3 jours de négociations, un projet de protocole d’accord a été soumis au vote de 77 membres du collectif. Les conditions de ce vote ont été plus que contestables et contestées. Le projet de protocole issu des négociations contenait à mon sens (et d’autres que moi partagent ce point de vue) les moyens d’agir pour la cause écologique et donnaient à une douzaine d’entre nous des responsabilités indéniables, dans nos domaines de prédilection (mobilités, biodiversité, eau, démocratie locale, déchets, énergies, plan alimentaire local dont la stratégie foncière...) mais aussi intégrait notre demande d’accéder aux responsabilités sur des thèmes plus sociaux ou économiques (Economie sociale et solidaire, Éducation, Jeunesse, CCAS ...).



Douze élus au lieu de 5 pour défendre la cause et les valeurs de l’écologie, au sein d’une majorité que nous connaissions, ce n’est pas, pour moi, négligeable. Nous aurions pu agir encore 6 ans pour des projets majeurs pour le climat : créer ensemble le premier marché local du carbone, accompagner l’ambition de premier territoire littoral zéro carbone, expérimenter le minimum garanti pour les jeunes, porter un plan alimentaire territorial avec une stratégie foncière offensive, promouvoir un urbanisme durable avec notre nouveau PLUI, animer une nouvelle politique de prévention et d’accompagnement des jeunes, devenir un territoire exemplaire en matière de déchets, soutenir des initiatives coopératives pour les mobilités, offrir un vrai réseau cyclable aux 28 communes de la CDA. Au lieu de cela, par le choix d’un maintien au second tour, je pense inéluctable un retour en arrière pour les écologistes, relégués au rang des opposants, des protestataires, alors que nous pouvions espérer faire avancer les valeurs de l’écologie dans l’action, en faisant avec d’autres, en convaincant, en travaillant nos dossiers comme nous le faisons et comme le faisaient nos prédécesseurs, depuis des années. Nul ne sera donc surpris que je réaffirme mon désaccord sur la stratégie retenue par le collectif dans lequel je m’étais engagée. Nul ne sera surpris non plus, de ma crainte de voir cette stratégie faciliter l’élection d’Olivier Falorni. Sa seule chance d’être élu était que les écologistes ne poursuivent pas leur compagnonnage avec son nouvel ennemi de carrière Il témoigne d’ailleurs bruyammment de sa réjouissance de cette issue.



Je crains donc sincèrement, pour l’avenir de La Rochelle, un coup d’arrêt aux avancées écologiques récentes, voire un retour en arrière, porté par les deux nouveaux alliés, O. Falorni et B. Leal, dont les propositions sont empreintes d’une grande démagogie, de solutions faciles et usées. Et ce serait en totale opposition à ce qui a pu se faire durant ces 6 années, pour poursuivre la voie ouverte par Michel Crepeau : La Rochelle, une ville innovante et écologique. Le 28 juin, à La Rochelle, mais aussi dans notre agglomération, si nous n’y prenons garde, le Vivre ensemble et l’Ecologie pourraient bien être les grands perdants de ce cycle électoral.



Brigitte Desveaux



Conseillère municipale de la Ville de La Rochelle



2eme Vice Presidente de la CDA de La Rochelle Élue écologiste"


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